Pour commencer

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Elle a la tête pleine de questions
Elle a le coeur lourd
Elle a cessé de lutter contre son mal de vivre

Mais tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir...

Et si un jour il n'y avait plus d'espoir ?

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______Parce que son histoire me trottait depuis
______longtemps dans la tête, j'ai décidé de la publier.


Sur les conseils avisés de quelqu'un que______
j'apprécie beaucoup, je m'éfforcerai d'écrire en entier______
cette version avant de m'attaquer à l'autre idée______
que j'ai eu, l'autre point de vue que je voulais______
adopter pour raconter cette histoire.______



mm______mm______mm______mm______mm______mm



Comme le veut la coutume - et pour rappeler que même si je suis susceptible,
je n'ai jamais mangé personne - je vous invite à me signifier les passages qui
ne vous plaisent pas ( principalement d'un point de vue stylistique, parce que je
n'ai pas l'intention de me justifier sur le contenu même du récit ).

Je ne demande qu'à améliorer la qualité de ce roman,
je vous demande donc de ne pas être indulgents.




En vous remerciant,_______
Phylomène____

En digne assoiffée de pouvoir et de popularité que je suis, j'ai inscrit mon blog sur booster blog
< # # # > ( c'te honte... )
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# Posté le mardi 14 novembre 2006 15:16

Modifié le vendredi 27 juillet 2007 04:46

**1**

**1**


OOElle est à sa fenêtre. Elle contemple les feuilles d'automne et regarde les gens passer. Ils vont et viennent sans savoir. Sans savoir qu'elle est là, qu'elle les observe. Sont-ils heureux ? Ont-ils des rêves ? Vivent-ils pour quelqu'un, pour quelque chose ? Elle n'est pas heureuse. Elle se laisse aller, laisse aller sa vie, passivement, comme les feuilles d'automne. Emportées par le vent dans une danse sans début, sans but et dont la fin est inévitable. Elle n'est même plus sûre de savoir pourquoi elle est triste. C'est presque un mode de vie, le mal-être. Elle ne sait plus si elle a vraiment envie d'aller mieux. Ce bonheur préfabriqué, qu'on nous vend en boîte dans les grandes surfaces, elle n'en veut pas. Peut-être qu'elle s'est définie par rapport à sa mélancolie permanente, sa nostalgie d' « avant ». Elle idéalise le passé. Elle le sait. Mais c'est plus fort qu'elle. C'était tellement bien avant. Avant le divorce de ses parents... Son père s'est fait la malle il y a 5 ans... 5 ans déjà...
OOElle l'a regardé partir depuis cette fenêtre. Elle ne voulait pas comprendre. Non, il part juste faire une course... Il va revenir...

OOIl n'est pas revenu.


OOEnfin si, il est revenu. Avec Carine. Carine c'est une trop jolie blonde avec un trop grand sourire accroché à ses lèvres trop maquillées. Elle a dix ans de moins que son père. Trop jeune, en plus.

OOElle soupire.
OOLes vacances de la Toussaint finissent dans trois jours... Une montagne de devoirs à rendre et de controles à réviser l'attend. Elle flirte avec le redoublement depuis la sixième. La psycologue du collège lui avait dit que c'était un problème de motivation. Motivation... Tu parles. Bien sûr, elle pourrait voir les choses avec optimisme et se dire que depuis le lycée elle s'est mise à aimer l'histoire grâce à une prof géniale... Mais peut-être est-ce plus facile de se complaire dans le défaitisme.

OOElle sourit en imaginant sa meilleure amie devant elle, les mains sur les hanches lui disant comme elle sait si bien le faire :
- Si tu continues comme ça, je vais finir par croire que ton but dans la vie c'est de devenir un zombie !
OOSa meilleure amie... Plutôt son ex-meilleure amie... Elle a dû en avoir marre de répéter cette phrase sans cesse, et sans parvenir à changer quoi que ce soit. Elles ne sont pas fâchées, non... mais leur complicité est morte.
OOMorte... Comme il est triste ce mot... Vide, créateur de vide, morne, plat... Sans volonté, passif... Comme les feuilles d'automne. Elles tombent, elles tombent, emportées par le vent. Elles ne pensent pas, les feuilles. Elles ne réfléchissent pas, les feuilles. Elles ne souffrent pas, les feuilles...

OOLa sonnerie du téléphone retentit.

OOElle se redresse lentement. Le téléphone est dans le couloir, près de la porte de sa chambre. Elle ferme les yeux, elle connaît le chemin par c½ur. Surtout ne pas avoir l'air triste. La vie n'est pas si moche... Allez...

- Hallo ?
- Ornella ? C'est ton père.
- Bonjour papa. Ça va ?
- Très bien ma puce. Carine te dit bonjour.
- Ha...
OOUn ange passe... Elle sait ce que son père attend. Même si elle n'en a pas envie, elle ajoute :
- Dis lui bonjour pour moi.
- Ça lui fera plaisir ! J'ai quelque chose de très important à t'annoncer. Je ne peux pas le faire par téléphone... Je peux passer te prendre dans une heure ?
- Mais... j'avais prévu de sortir...
- S'il te plait Ornella... Fais-moi plaisir. C'est très important.
- C'était bien la peine de me téléphoner pour me demander mon avis... A dans une heure.
- Bisous ma puc...
OOElle raccroche. Appeler Bugs, Clems et Polo. Les prévenir que le cinéma tous ensemble, ça sera pour une autre fois.

OODans le salon, l'ordinateur trône. Il semble l'appeler. Peut-être aura-t-elle le temps de battre l'ordinateur à Age of Empires... Encore une fois...

OOLes Egyptiens ont mis la pâtée de leur vie aux grecs, mais on ne peut pas vraiment qualifier ses méthodes d'honnêtes...

OOSon téléphone portable sonne.
- Hallo ?
- Ma puce ? C'est ton père. Tu viens ? Je suis garé devant la porte.
- Tu sais, maman est pas là. Tu aurais pu sonner...
- Comme ça, pas de mauvaises surprises. Tu viens ?
- J'arrive.

OOElle sort de chez elle. Son père l'attend, adossé à sa mercedes toute neuve. Bien entendu, Carine est assise à l'avant. Elle sourit. Comme d'habitude...
- Bonjour papa, dit-elle en l'embrassant. Bonjour Carine, ajoute-t-elle avec un signe de la main.
- Alors les filles, je vous paye une glace ?
- No problem, fait-elle, souriant toujours.
- Au chocolat pour moi ! S'exclame Carine.


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# Posté le mardi 14 novembre 2006 15:31

Modifié le jeudi 26 juillet 2007 09:52

**2**

**2**
OOComme d'habitude, elle s'assoit sur la banquette arrière. Carine, à l'avant, les gratifie de son petit gloussement habituel.
OOLe chocolatier de la place de l'Europe fait les meilleures glaces de toute la ville. Elle choisit une glace à la mangue. Sa préférée... Son père les fait asseoir à une petite table un peu isolée.
- Voila. Ornella, je voulais t'annoncer de vive voix que Carine était enceinte. Tu vas avoir un petit frère.

OOElle ne réagit pas. Elle croque son cornet machinalement. Un petit frère... Merde...
OOUn petit frère...
OOC'était prévisible pourtant. C'est même assez tardif pour deux personnes de leur âge qui se connaissent depuis 5 ans... Mais ça aurait toujours été trop tôt...

- Et je suis censée sauter au plafond et hurler de joie ?
- On ne t'en demande pas tant, dit son père, gêné. On voulait juste t'en parler.
- Bon bah c'est fait. Tu peux me ramener à la maison maintenant ?
- Si tu n'es pas aimable, sois au moins polie ! Et arrête de réagir comme une gamine gâtée.
OOElle ne répond pas. Il n'y a rien à répondre. Après un silence qui lui semble durer une éternité, elle regarde son père dans les yeux :
- Ramène-moi chez moi s'il te plait

OOPlus personne n'ose prononcer un mot. Pour la première fois depuis qu'elle connaît Carine, celle-ci fait la gueule... Comme si c'était elle l'offensée, comme si c'était elle qui se sentait trahie...


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# Posté le jeudi 04 janvier 2007 14:56

Modifié le lundi 23 juillet 2007 06:26

**3**

OOLe réveil sonne, encore une journée qui commence. Sans se presser elle se lève. C'est vraiment dur le matin... Lentement elle s'approche de son miroir. Petite (à peine un 1m55), des cheveux noirs ni franchement bouclés ni vraiment lisses, des yeux bleus trop clairs, une peau trop pâle en hiver, trop rouge en été... Elle ne s'est jamais trouvée jolie. Mécaniquement elle prend sa brosse et démêle ses longs cheveux. Les pointes sont encore fourchues... Penser à aller chez le coiffeur. Tiens, un affreux bouton d'acné a poussé sur sa joue pendant la nuit. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, aujourd'hui c'est la rentrée. Les plus petites vacances de l'année sont déjà finies, elle va retrouver sa classe de fous, son lycée d'aliénés... Comble de bonheur, sa journée commence par deux heures de maths...
- Why me lord ? What did I ever do ? chante-elle.

OOUn coup d'½il à son réveil lui apprend qu'elle est encore en retard. Et merde...
OOA peine le temps de passer un jean, d'enfiler un pull et de rendre une petite visite à sa salle de bains. Tant pis pour le petit déjeuner. Elle fourre ses livres et son trieur dans son sac, descend les escaliers en trombe, prend une tartine de pain abandonnée sur la table et sort de chez elle. Déjà cinq minutes de retard... Heureusement que le lycée n'est pas très loin...

- 15 minutes de retard dès la rentrée... souffle le prof de maths sans lever les yeux de son bureau. Vous vous surpassez mademoiselle Giovani.
- Bonjour monsieur...
- Allez vous asseoir.
OOEvidemment sa place, tout au fond à droite, avec toute l'équipe des Grands Déconneurs est prise... Elle lève les yeux au ciel. La seule place libre est au premier rang juste devant le bureau du prof à côté du mec le plus inintéressant que la terre ait jamais porté. Une paire de lunettes à verres extra épais pour cacher des yeux qui louchent, passionné de jeux vidéos et marié à son ordinateur, tel est Hector Coudrut. Et bien sur il avait fait l'impasse sur le déodorant... Au secours...


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# Posté le mardi 09 janvier 2007 12:29

Modifié le lundi 23 juillet 2007 06:26

**4**

OOPendant que le prof s'échine à leur expliquer ce qu'est une valeur absolue, elle essaye désespérément de rentrer en contact avec ses amis du fond de la classe. Le gros Polo semble en pleine discussion avec l'intrus qui a pris sa place. Un nouveau... Blond, une coupe assez originale, les yeux verts. Pas mal... Bugs Bunny, de son vrai nom Alexandre, surnommé ainsi à cause de ses deux incisives proéminentes, se rend enfin compte de la solitude de sa camarade. Il lui fait un clin d'½il et écrit sur un bout de papier qu'il plie en avion pour le lancer. Elle l'attrape au vol.
OO« Coucou Orny ! Alors tes vacances ? Tu vas survivre deux heures en face de gros guignol et à côté d'Hector le Magnifique ? »
- Qu'est ce qui vous fais sourire ainsi mademoiselle Giovani ? Montrez moi ça...
OOHeureusement pour Bugs Bunny, Ornella a de bons réflexes et déchire le compromettant morceau de papier en confettis. Cette initiative n'est pas du tout du goût du prof de maths qui l'exclut de la classe.

OOEnfin la cloche sonne. Ornella attend ses amis dans le couloir.
- Félicitations ! s'exclame Bugs Bunny. Je crois que c'est ton meilleur score.
- Du jamais vu ! ajoute Clems, le garçon manqué de la troupe.
- Record à battre : 15 minutes de retard plus exclusion au bout de cinq minutes dès le premier jour !! clame le gros Polo.
OOL'intrus se tenait un peu en retrait l'air amusé.
- Ornella, j'ai l'honneur de te présenter Jérémy. Dit Bugs avec emphase, comme à son habitude. Le pauvre était tout seul alors comme t'étais pas là on l'a laissé prendre ta place.
- Salut. Dit l'intéressé, un petit sourire ironique au coin des lèvres.
OOOrnella se fige. Les yeux de Jérémy la clouent sur place. Des yeux verts émeraude parsemés de bleu, des yeux qui vous sourient, des yeux qui vous envoutent... Elle sent ses jambes devenir faibles, son c½ur s'emballer et ses joues tourner au rose fuschia. Elle parvient quand même à esquisser un sourire et à articuler :
- Sssalut.


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# Posté le jeudi 11 janvier 2007 15:49

Modifié le lundi 23 juillet 2007 07:18